Je veux que ça s'arrête. Maintenant. Juste, un instant. Où le monde tourne au ralenti. Et où je suis la seule, avec toi, a avancer à vitesse constante. Le monde pour nous. Un monde où tu détestera ce qu'il restera de nous. Où tu me haïra profondément et où je resterai là, cramponner à tes semelles, te priant de ne pas m'abandonner. Où chaque soir je pourrai hurler la tête entre mes mains, recroquevillée sur moi même, avec pour seul compagnie la pluie, je pourrai hurler que je te hais, que je détestes ce que je suis devenue, et que c'est à cause de toi que je suis une épave. Et le lendemain tu marcherai vite, et moi derrière, suffocant, sans jamais te rattraper, mais jamais bien loin. Où chaque nuit, ayant envie de poser mes doigts sur ta peau, je me l'interdirais et je dormirais à côté de toi. Un monde où on se détesterai. Où tu me détesteras. Et ta bouche sera si belle, quand elle ne te servira pas à me maudire. Privé de toutes personnes sauf de moi, tu finirai par m'aimer. Et moi je te laisserai à contre c½ur, comme tu as abandonné mon c½ur au bord de la route. Je te laisserai là, les yeux et le c½ur humide, regrettant, et je te regarderai crever. Et tout sera finit. Enfin. Je repartirai avec le monde, seule, me noyant dans mes souvenirs.
J'ai attendu trop longtemps le moment où tu sonnerai à ma porte, et moi je cacherai ma tête sous l'oreiller pour ne plus entendre le bruit de ton coeur. Jusqu'à ce que, sans les pulsations qui le maintenait en vie, le mien s'éteint à son tour. Je mettrai alors nos deux coeurs dans un tiroir, et souvent je les regarderai, mélancolique. Et des larmes tomberont entre les deux. Comme l'énorme falaise qui nous sépare maintenant. Où j'attends, impatiente, qu'elle s'agrandisse encore un peu, pour qu'enfin je puisse chuter dans le seul endroit où notre folie et ton amour résiste encore.
Elle est où la fin ?
Toi tu dis que t'es bien sans moi. Et qu'au fond de mes bras il y fait trop froid. Et moi il y a quelque chose qui fait que je n'y arrive pas.